Le congé supplémentaire de naissance est une nouvelle mesure phare de la politique familiale française, créée par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026. Adopté définitivement le 16 décembre 2025, ce dispositif ouvre à chaque parent — mère, père, parent adoptant — jusqu’à deux mois de congé rémunéré supplémentaire après la naissance ou l’adoption d’un enfant. Effectif à partir du 1er juillet 2026, il vient compléter les congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant existants, sans remplacer le congé parental d’éducation.
Dans ce guide complet, vous trouverez toutes les informations essentielles : qui peut en bénéficier, quelle est la durée, comment est calculée l’indemnisation, et quelles démarches effectuer pour en faire la demande.
| 📌 L’essentiel à retenir |
| ✅ Durée : 1 ou 2 mois supplémentaires par parent, fractionnable en deux périodes |
| ✅ Rémunération : 70 % du salaire net le 1er mois, 60 % le 2e mois (pour les salariés) |
| ✅ Entrée en vigueur : 1er juillet 2026 |
| ✅ Applicable aux enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 |
| ✅ Délai de prise : dans les 9 mois suivant la naissance ou l’adoption |
| ✅ Accessible à tous : salariés, fonctionnaires, indépendants, adoptants |
1. Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau droit introduit par l’article 99 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il s’inscrit dans la politique de « réarmement démographique » annoncée par le Président Emmanuel Macron en janvier 2024, face à la baisse de la natalité en France.
Ce congé vise trois objectifs principaux :
- Favoriser le bon développement de l’enfant dans ses premiers mois de vie, en garantissant une présence parentale prolongée ;
- Renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes dans la parentalité, en rendant le dispositif accessible aux deux parents ;
- Améliorer la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale grâce à une indemnisation plus attractive que celle du congé parental actuel (actuellement limitée à 456,06 € par mois).
Ce que ce congé n’est pas
Il est important de distinguer le congé supplémentaire de naissance d’autres dispositifs existants :
- Il ne remplace pas le congé parental d’éducation (PreParE), qui reste inchangé dans ses modalités ;
- Il est différent du congé de naissance de 3 jours (pris immédiatement à la naissance, non différable) ;
- Il s’ajoute au congé de maternité (16 à 26 semaines selon la situation), au congé de paternité et d’accueil de l’enfant (25 jours ou 32 jours en cas de naissances multiples).
2. Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est accessible à un large public. Il concerne l’ensemble des assurés actifs, quelle que soit leur catégorie professionnelle.
Les bénéficiaires éligibles
- Salariés du secteur privé (CDI, CDD, apprentis, temps partiel, etc.)
- Fonctionnaires en activité, agents stagiaires de l’État (ajouté par un amendement sénatorial du 24 novembre 2025)
- Agents contractuels de droit public
- Travailleurs indépendants et professions libérales
- Non-salariés agricoles
- Assurés des régimes spéciaux
- Parents adoptants (pour les enfants arrivés au foyer à partir du 1er janvier 2026)
- Couples de même sexe ayant eu recours à la PMA (dans le respect de la décision du Conseil constitutionnel n° 2025-1155 QPC du 8 août 2025)
Conditions d’éligibilité
Pour bénéficier du congé supplémentaire de naissance, les parents doivent :
- Être parent d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026 (ou né prématurément mais dont la naissance était prévue à compter de cette date) ;
- Avoir préalablement pris leurs congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption ;
- Respecter les conditions d’ancienneté minimale, dont les modalités exactes seront précisées par décret.
Nota bene : Le contrat de travail est suspendu pendant toute la durée du congé supplémentaire de naissance. Ce congé ne prolonge pas la durée d’un CDD.
3. Quelle est la durée du congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance offre une flexibilité appréciable dans son organisation.
Durée maximale : 1 ou 2 mois par parent
Chaque parent peut choisir de prendre 1 mois ou 2 mois de congé supplémentaire. Le choix est laissé à l’initiative du salarié. Les deux parents peuvent décider de prendre simultanément leur congé ou en alternance.
Possibilité de fractionnement
Le congé supplémentaire de naissance peut être fractionné en deux périodes d’un mois chacune, non nécessairement consécutives. Cela permet aux parents de gérer leur présence auprès de l’enfant de manière plus souple.
Délai de prise
Le congé doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer. Pour les enfants nés avant le 31 mars 2026, un délai supplémentaire est accordé, permettant de prendre ce congé jusqu’au 31 décembre 2026.
Impact global sur la présence parentale
Combiné aux congés existants, ce nouveau dispositif peut représenter jusqu’à 4 mois supplémentaires de présence parentale pour un enfant (2 mois pour chaque parent). En cumulant congé de maternité, congé de paternité et deux mois de congé supplémentaire, les premiers six mois de l’enfant peuvent être couverts par la présence d’au moins un parent.
4. Quelle est la rémunération du congé supplémentaire de naissance ?
L’un des atouts majeurs de ce nouveau congé est son niveau d’indemnisation, nettement plus élevé que celui du congé parental d’éducation actuel (456,06 € par mois).
Pour les salariés du secteur privé
L’indemnisation est dégressive sur les deux mois :
| Période | Taux d’indemnisation | Exemple (salaire net 2 000 €) |
| 1er mois | 70 % du salaire net antérieur | 1 400 € nets |
| 2e mois | 60 % du salaire net antérieur | 1 200 € nets |
Pour les fonctionnaires
Les agents relevant de la fonction publique bénéficieront d’une indemnisation dans les mêmes proportions : 70 % de leur rémunération le premier mois et 60 % le second.
Pour les travailleurs indépendants
Les travailleurs indépendants percevront une indemnité journalière forfaitaire, soumise à un abattement appliqué dans les mêmes proportions que pour les salariés.
Pour les non-salariés agricoles
L’allocation de remplacement sera maintenue au niveau de celle existant pour la maternité, la paternité et l’adoption, afin de permettre un remplacement effectif de l’assuré pendant la durée du congé.
5. Comment faire la demande de congé supplémentaire de naissance ?
Les décrets d’application, qui préciseront en détail les modalités de demande et d’indemnisation, sont en attente de publication au moment de la rédaction de cet article. Les grandes lignes du processus sont néanmoins connues.
Démarches pour les salariés
- Informer l’employeur de la date souhaitée de début du congé dans un délai raisonnable (vraisemblablement 1 mois à l’avance, par analogie avec le congé de paternité) ;
- Préciser la durée choisie (1 ou 2 mois) et l’éventuel fractionnement ;
- L’employeur établit une attestation de salaire, transmise à la CPAM pour le calcul des indemnités journalières ;
- Les indemnités journalières sont versées directement par l’Assurance Maladie (subrogation ou versement direct selon les cas).
Démarches pour les fonctionnaires
- Formuler une demande auprès du service des ressources humaines de l’administration employeuse ;
- Les modalités spécifiques à la fonction publique seront précisées par décret.
Protection de l’emploi pendant le congé
Comme pour les autres congés liés à la naissance, la loi protège le salarié durant son congé supplémentaire de naissance. L’employeur est tenu de permettre au salarié de retrouver son poste précédent ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente, à son retour. Le licenciement d’un salarié pendant ce congé est interdit, sauf faute grave.
6. Tableau récapitulatif : le congé supplémentaire de naissance en un coup d’œil
| Critère | Salariés | Fonctionnaires / Indépendants |
| Durée | 1 ou 2 mois (fractionnable) | Identique |
| Rémunération – 1er mois | 70 % du salaire net | 70 % (fonctionnaires) / Forfait (indépendants) |
| Rémunération – 2e mois | 60 % du salaire net | 60 % (fonctionnaires) |
| Délai de prise | Dans les 9 mois suivant la naissance | Identique |
| Date d’entrée en vigueur | 1er juillet 2026 | 1er juillet 2026 |
| Conditions préalables | Avoir pris congé maternité/paternité/adoption | Identique |
7. Enjeux et perspectives
Un dispositif ambitieux face à la baisse de la natalité
La France enregistre depuis plusieurs années une baisse de la natalité préoccupante. Le congé supplémentaire de naissance s’inscrit dans une série de mesures visant à encourager les naissances et à mieux soutenir les familles. Son financement, assuré par la Sécurité sociale, représente un investissement significatif pour l’État.
Des interrogations sur l’égalité femmes-hommes
Des voix se sont élevées pour souligner que ce congé facultatif risque de ne pas suffire à rééquilibrer la répartition des responsabilités parentales. Avec 96 % des congés parentaux actuellement pris par des femmes, certains élus ont plaidé pour un congé du second parent obligatoire et mieux rémunéré. Le caractère optionnel du congé supplémentaire de naissance laisse subsister le risque que les femmes, souvent moins bien rémunérées, continuent de prendre la majorité de ces congés, accentuant les inégalités salariales à long terme.
Une meilleure alternative au congé parental actuel
Avec une indemnisation à 70 % puis 60 % du salaire net, ce nouveau congé est nettement plus attractif que le congé parental d’éducation actuel (PreParE), limité à 456,06 € par mois, qui séduit de moins en moins de parents. Selon une étude de l’OFCE de 2021, seulement 0,8 % des pères prennent un congé parental, en raison notamment de sa faible rémunération.
FAQ — Questions fréquentes sur le congé supplémentaire de naissance
| ❓ Le congé supplémentaire de naissance est-il obligatoire ? |
| Non. Ce congé est entièrement facultatif. Chaque parent décide librement de le prendre ou non, de choisir sa durée (1 ou 2 mois) et les modalités de prise (consécutif, fractionné, simultané avec l’autre parent ou en alternance). |
| ❓ À partir de quand ce congé est-il disponible ? |
| Le congé supplémentaire de naissance est accessible à partir du 1er juillet 2026. Il concerne les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026, ainsi que les enfants nés prématurément mais dont la naissance était prévue après le 1er janvier 2026. |
| ❓ Les deux parents peuvent-ils prendre le congé en même temps ? |
| Oui. Il n’y a aucune obligation de prise non simultanée. Les deux parents peuvent prendre leur congé supplémentaire en même temps s’ils le souhaitent, pour être ensemble auprès de leur enfant. |
| ❓ Ce congé remplace-t-il le congé parental d’éducation ? |
| Non. Le congé supplémentaire de naissance s’ajoute aux congés existants et ne remplace pas le congé parental d’éducation (PreParE). Les modalités du congé parental restent inchangées. |
| ❓ Combien vais-je percevoir pendant ce congé ? |
| Pour un salarié percevant 2 500 € nets par mois : |
| — 1er mois : 70 % × 2 500 € = 1 750 € nets |
| — 2e mois : 60 % × 2 500 € = 1 500 € nets |
| Ces montants seront versés par l’Assurance Maladie. Les plafonds éventuels seront précisés par décret. |
| ❓ Mon employeur peut-il refuser de m’accorder ce congé ? |
| Non, l’employeur ne peut pas s’opposer à une demande de congé supplémentaire de naissance dès lors que le salarié remplit les conditions d’éligibilité et respecte le délai de prévenance prévu. Le salarié est protégé contre le licenciement pendant la durée de ce congé. |
| ❓ Les travailleurs indépendants sont-ils concernés ? |
| Oui. Les travailleurs indépendants et les non-salariés agricoles peuvent bénéficier du congé supplémentaire de naissance. Ils percevront une indemnité journalière forfaitaire dont les modalités exactes seront définies par décret. |
| ❓ Que se passe-t-il si mon bébé est né avant le 1er janvier 2026 ? |
| Si votre enfant est né avant le 1er janvier 2026, vous ne pouvez pas bénéficier du congé supplémentaire de naissance, sauf si la naissance était initialement prévue à compter de cette date (naissance prématurée). |
| ❓ Puis-je cumuler ce congé avec d’autres aides (PAJE, CMG…) ? |
| Les modalités de cumul avec les autres prestations familiales (PAJE, prime de naissance, CMG…) seront précisées par les décrets d’application. Pour plus d’informations, il est conseillé de consulter le site ameli.fr ou de contacter votre CPAM. |
Sources officielles
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (article 99)
- service-public.fr — « Création d’un congé supplémentaire de naissance » (janvier 2026)
- solidarites.gouv.fr — « Le Gouvernement accélère le déploiement du congé supplémentaire de naissance »
- travail-emploi.gouv.fr — « Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant »
- economie.gouv.fr — « Congé de paternité : comment ça fonctionne ? »
- Décision n° 2025-1155 QPC du 8 août 2025 — Conseil constitutionnel
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